L’éco-conception : à quelle phase du projet la prendre en compte ?
Sauf que... l'éco-conception, ça ne marche pas comme ça.
L'éco-conception, cela se prévoit dès le départ.
1992. Renault sort la cultissime Twingo 1. Jusque là, les concepteurs dessinaient des voitures, le marketing s’occupait du cahier des charges, et ensuite les bureaux d’étude concevaient la voiture, avec plusieurs solutions techniques et plusieurs prix. Et charge aux ingénieurs de rogner là où ils pouvaient pour baisser les coûts. Cette vision n’avait jamais été remise en cause, et les prix des voitures n’avaient jamais cessé d’augmenter.
Ce qui a changé avec la Twingo, c’est l’arrivée de la méthode « design-to-cost », qui a réellement permis de sortir une voiture très bon marché. Plutôt que définir une voiture « idéale » et mettre un prix en face, chaque poste de la conception a eu une enveloppe budgétaire contrainte dès le départ, avec un cahier des charges simplifié. En résumé, une voiture conçue dès le départ avec le souci de coûter moins cher.
Vous l’avez compris, l’analogie avec le numérique est évidente, mais là où on parle de coût financier pour la voiture, on parle de coût environnemental pour le web.
Pour le prix des voitures, il y a l’euro. Pour le web, il y a l’éco-index. C’est une lettre attribuée à une page web donnée, de A à G. Un peu comme la classe énergétique de votre frigo.
Ce score prend en compte 3 critères principaux :
– le poids total de la page et de ses éléments (le nombre de Mo),
– la complexité du code (plus j’ai d’éléments affichés, plus le code est complexe)
– le nombre de requêtes (si j’ai 3 images dans ma page, j’ai 4 requêtes : les 3 images, et 1 requête pour la page elle-même)
L’Eco-index est un outil précieux pour mesurer la sobriété, ou au contraire l’obésité d’un site, et donc de son coût environnemental.
Mais il n’est pas exempt de défauts. Le plus gros d’entre eux : ce score ne tient pas compte de la nature de la page testée. Que vous ayez affaire à la page d’accueil de google, ou à la page d’accueil d’un site marchand sous Prestashop, le calcul se base sur les mêmes métriques, et qui plus est, sur des valeurs absolues. La page d’accueil de Google, presque vide, héritera bien sûr d’un A , et sans doute la page d’accueil du site marchand, même optimisée, même avec un cache, même avec des images légères en webp, peinera à atteindre un D.
Il faut donc relativiser ce score ecoindex en fonction du type de site, et plutôt se comparer à des sites analogues plutôt que chercher un A à tout prix.
Nous l’avons dit plus haut, l’éco-conception doit être une préoccupation dès le début du projet et impact fortement le design et souvent, les fonctionnalités.
WordPress est une plateforme ultra polyvalente, au contenu administrable, ce qui se paye en complexité technique. Voici nos 10 commandements pour viser un eco-index de C ou B :
01- 3, maximum 4 sections par page (y compris le footer)
02 – grand maximum 10 images par page, tout compris (icônes, visuels, logos, etc)
03 – Footer simplifié à l’extrême,
04 – Pas de lecteur de vidéo youtube, très consommateur. Pas de vidéo en arrière plan.
05 – Éviter les « sliders » (notamment pour les logos), par nature consommateurs,
06 – Éviter les megamenu (idéalement, éviter les sous-menus)
07 – limiter ou supprimer les effets visuels
08 – Eviter au maximum les colonnes, les alignements en grille
09 – Limiter le nombre et les variantes de polices de caractères
10 – Eviter les FAQ animées (ouverture/fermeture)
Cela semble drastique (et ça l’est) et vous comprenez toute l’influence que peuvent avoir ces règles sur le design. Mais c’est l’effort à fournir pour réaliser un site réellement éco-conçu. Bien sûr, dans le monde réel, il y aura des arbitrages et des règles que vous serez obligé.e de passer outre, mais vous le ferez en connaissance de cause. L’important, c’est d’être plus éco-responsable que les sites du même type. Pas de courir derrière un A. Nous sommes à votre disposition pour éco-concevoir votre prochain site. On en parle ?